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Votre guide Masai vous apprendra certainement que safari en swahili signifie « voyage ».
Depuis le toit ouvert du véhicule tout terrain, juste là, à quelques mètres à peine des yeux et de l’objectif, défilent de puissants rhinocéros, lions majestueux, éléphants, zèbres, guépards et parfois, le très rare hippopotame noir.
Ouvrez grand les yeux, et laissez opérer la magie, l’émerveillement vous guette à chaque instant.

Je vous conduis aujourd’hui à l’aéroport et comme à l’accoutumée j’ai l’impression de raccompagner des amis qui partiraient pour quelques jours et que je reverrai bientôt.
Je me remémore votre arrivée, il y a douze ou treize jours, et les présentations presque timides: « Katwe Ramadhani, je suis votre chauffeur-guide ». Nous savions déjà, au reflet de vos sourires que nous allions vivre une belle aventure.
Vous m’avez félicité sur mon français, et m’avez fait l’amitié de le juger excellent. Si je l’ai comme l’anglais d’ailleurs, appris à l’école et à l’université, c’est grâce aux passagers que je l’ai perfectionné.
Lorsque j’ai décidé de faire de mon amour de la nature et des animaux mon métier, je ne savais pas encore que c’est au contact de voyageurs comme vous que j’allais encore plus m’améliorer, car ce sont vos désirs, votre recherche, vos quêtes d’absolu, vos besoins de comprendre, votre soif de savoir, votre gentillesse qui me poussent à toujours aller de l’avant dans la connaissance de la faune, de la flore et du rapport aux autres.
Souvenez-vous de nos rencontres animalières exceptionnelles lors de ces safaris, ces moments rares pendant lesquels, le souffle retenu, nous étions chasseurs d’images et d’émotions. Souvenez-vous de ces rencontres humaines avec les Masais et les Hadzabes, et l’émerveillement partagé devant le cratère du Ngorongoro au petit matin !
Quinze ans déjà que j’accompagne des circuits, plusieurs années aussi que j’enseigne à la nouvelle génération, avec toujours en moi l’impression de débuter un nouveau voyage ou vivre une belle expérience.
Bon retour vers votre lointain pays, mes amis, Katwe ne vous oublie pas!

Juillet : les jours se suivent et le ciel demeure irrémédiablement bleu. Pas une goutte de pluie, l’herbe se fait rare.
Ils sont là, depuis des heures, des centaines, à attendre au bord de la rivière infestée de crocodiles. Ce sont des gnous bleus, cette espèce migratoire que l’on rencontre en Afrique de l’Est et particulièrement en Tanzanie et au Kenya. Avec eux, des zèbres, des antilopes…
Leur instinct et le besoin d’herbe les conduisent en effet sur les rives des rivières qui séparent les parcs du Masai Mara et du Serengeti. Au moment où la pression des congénères situés à l’arrière du troupeau devient trop pressante, les premiers gnous se jettent alors dans la rivière infestée de crocodiles du Nil. Sauvés par le nombre, mais parfois aussi condamnés par la bousculade, certains traverseront, d’autres y laisseront leur vie. Les zèbres hennissent pour prévenir du danger ou rassurer les poulains qui appellent leur mère. Des centaines de pattes déchirent les rives et soulèvent un immense nuage de poussière. Les rochers sont des obstacles traîtres et le courant est violent.
Les crocodiles prélèvent leurs repas et l’eau engloutit les plus faibles ou les malchanceux. L’immense majorité atteint l’autre rive.
Les plaines du Mara s’emplissent alors de millions de têtes constituant des troupeaux géants. À peine si le sol est encore visible.
Non loin de là, les prédateurs guettent : lions, guépards, léopards, hyènes et rapaces attendent le bon moment. La période est faste.
Les troupeaux resteront au Kenya jusqu’à la mi-octobre et rejoindront alors le Serengeti quand les premières pluies toucheront cette région et feront reverdir les plaines ponctuées d’acacias.
En mai, le manque d’herbe les poussera à reprendre la migration, dans un éternel recommencement.

Ils s’affairent mais sans bruit excessif. Les deux véhicules sont arrivés discrètement comme pour ne pas nuire au calme ambiant. Pourtant les portières sont grandes ouvertes, des cartons sont déballés, une table est dépliée. En quelques minutes le décor est dressé.
L’endroit est remarquable, la savane s’étend jusqu’à l’escarpement au loin, les acacias prodiguent une ombre bienfaisante. Les buissons dissimulent cet espace.
Sur la nappe immaculée, assiettes, verres et couverts ont pris place. Le barbecue déjà allumé se prépare à cuire le repas. Les véhicules se sont évanouis… mais le cuisiner et les serveurs, de blanc vêtus, vous accueillent déjà. La surprise a été gardée jusqu’au bout. Le léger détour vous a permis de ne découvrir l’emplacement du repas qu’au dernier moment.
Superbe menu étudié, servi avec une élégance rustique dans un environnement unique. Le champagne est frais, le vin est excellent, au loin, les troupeaux sauvages paissent.